Rester dans la bienveillance…. ou s’enfermer dans les toilettes

WC pleine nature

Ou ailleurs, mais de préférence une pièce qui dispose d’un verrou.

Comme certains le savent, je suis totalement dans les principes de maternage proximal / non violence / répondre aux besoins d’everybody in the family / et touça / et touça

C’est pleiiiiin de beaux principes super durs à appliquer mais comme dis le dicton « quand on veut on peut » (ou du moins on essaye)

Pour resituer le contexte, ici 2 gnomes, un presque4ans hypersensible version Hyprasensible, et  une 19moissuperglue versus Morue.

Donc forcément, selon les diktats sociétaires, c’est le PA-RA-DIS, les 2 s’adorent, nous adorent, nous écoutent, sont géniaux et évidemment l’Hypersensibilité c’est une Superqualité (ce sera un créatif) et la Morueté aussi (faut bien ça dans la vie).

Bref, on ressemble en tout point à la famille Ricorée (sauf la nappe à carreaux rouge et blanche, je ne suis pas fan)

La réalité, ce n’est pas exactement ça, à quelques détails années lumières près…

Cette semaine, c’est une de ces semaines où ce n’est pas 1 grain de sable qui se met dans le rouage pour créer un peu d’animation, c’est plutôt toute la plage de Palavas les flots qui s’est invité dans mon organisation (sachant que l’organisation et moi, nous n’avons déjà pas exactement d’affinité au départ comme j’en parle à plusieurs reprises sur le blog).

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’intuition que pas mal de mamans vivent aussi avec la plage dans leur maison, nan ?

Et dans ce contexte, pas toujours facile de rester dans la bienveillance (et le touça touça nan plus)

Tout commence Lundi (normal, c’est le début de la semaine, la reprise du travail, de l’école et de la crèche après ces vacances adorables en famille Ricorée).

Donc Lundi, après lesdites vacances, je dépose tout le monde là où il est censé être (et sans me tromper !). Le grand à l’école, la mini à la crèche, moi au travail chez le médecin car malade depuis le début des vacances et je gagne 3 jours pour dormir tout mon saoul.  Génial, je rentre dormir.

Récupération des gnomes cuits par leur journée, je me dis « top ils vont se coucher tôt »…  Le grand dans sa chambre, la glue dans le dos de son père, on range et je suis pleine d’espoir… Un peu de temps calme en perspective. Et puis, L’accident, le Barbu transvase de l’eau bouillante dans une casserole et le pied de Gluemorue se retrouve ébouillanté. Soirée aux urgences pour GlueMorue et moi, le Barbu reste avec le gnome en attendant qu’on rentre…

Forcément, c’est difficile pour tout le monde, mon cœur de maman Louve, la culpabilité de papa Poule, la douleur d’une Morue au pied cuit, et la jalousie/angoisse/ambyvalence d’un Chaton hypersensible.

A partir de là, la couleur de la semaine à venir est déjà définie. Allers-retours à l’hôpital pour les changements de pansements, angoisse d’une infection, on fait les paranos sur la fièvre (elle ne serait pas un peu chaude ? c’est sur ? certain ? le thermomètre est fiable ?), l’évolution de la brûlure, la cicatrisation,  sans compter la Morue en mode ExtrasuperGlue qui passe ses journées et nuits collée à sa mère (moi, donc)

Forcément, le grand est SuperJaloux de l’attention qu’on porte à sa sœur, mais aussi inquiet pour le pied de sa sœur, il explique à tout le monde que « papa a brulé ma petite sœur » (non, je n’ai pas encore reçu la visite de la PMI), donc il ne veut plus faire la sieste, ni dormir la nuit (ben oui « pourquoi je suis tout seul et vous tous ensemble ? »). Et quand il dort, il nous fait des blagues, genre petite crise de somnambulisme à 1h du matin, discussions passionnées en dormant… Donc on le réintègre dans notre chambre qui comporte aujourd’hui 3 mètres x 2 de matelas.

Il y  a aussi l’épuisement qui vient se faire sentir, les nuits SuperHâchés entre les crises de l’un, les besoins de l’autre (mais comment vous faite avec 3 / 4 / 5 gnomes ???)… Je passe les détails sur les détails administratifs, pharmacie, point directrice de crèche, travail pour dire que je n’irai pas jusqu’à nouvel ordre, trajet pour Mr qui a perdu son droit de conduire quelques mois…

Et c’est le craquage.

Pas le vrai craquage hein, le craquage où d’un coup c’est juste trop. Ton fils te demande pour la 103ème fois de monter dans le placard regarder s’il y a du chocolat, ta fille tête pour la 45ème fois de la matinée, le chat chie à côté de sa caisse, l’eau est froide depuis 2 jours et il n’y a plus de chauffage à cause du voisin qui a coupé les vannes avant de partir en vacances, le sèche-linge fuit et tu mets le pied dans l’eau (ouf, pas celui bandé de la Morue), la branche droite de tes lunettes neuves se désolidarise du reste de ta monture, tu es toujours sourde de ta sinusite et tu as l’impression d’avoir 15 cerveaux dans ta tête et un brouhaha digne d’un comice agricole.

Et là tu cries. Colère

Mais pas le petit cri minuscule genre « ça suffit maintenant, on va tous se calmer et faire une partie de croque carotte », non, le CRI genre « putain de bordel de merde, mais STOOOOOOOOOP !!!! »

Ton petit mignon d’hypersensible hurle donc à la mort, blessé, bafoué, meurtri – sans exagération aucune de ma part hein, c’est le truc avec les hypergosses, ils sont géniaux créatifs et touça, mais tout est un peu intense – descend de la chaise où il était perché en demandant pour la 104ème fois de monter dans le placard voir s’il y a du chocolat, s’aperçoit qu’il a un bleu (vieux de 4 jours), et hurle qu’il est blessé… Alors la pression redescend, faut calmer tout ça, revenir dans la bienveillance, s’excuser d’avoir crié, faire un gros câlin aux petits culs choqués, aux chats paniqués, faire un coucou au voisin qui a dû tout entendre…

Parce que la bienveillance et touça, la communication non violente, le maternage, l’accompagnement adapté, la parentalité positive…. C’est vraiment génial… pleins de livres traitent du sujet, et aussi des forums…  Mais dans la réalité d’humains juste humains, de parents juste parents, d’enfants juste enfants, ce n’est pas forcément facile à appliquer et ça demande plus que presque4ans d’entraînement intensif.

Moralité : parfois, c’est vraiiiiment difficile de rester dans la bienveillance, et il vaut mieux aller respirer dans les toilettes ou s’enfermer dehors. Ou l’inverse peut être.

Donc, ma résolution 2016, c’est d’essayer de rester dans la bienveillance, et aussi de m’enfermer dans les toilettes quand je sens que ça va déraper. Avec un bon magazine. Si ça existe encore.

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