Quand la friteuse déborde…

frenchfries-fries-pommefrites-320707-h

Au sens propre du terme…

Petit article du jour, un peu futile, mais j’avais envie de vous raconter une petite anecdote qui décrit assez bien comment les “évidences” ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

C’est vrai ça, combien de fois, depuis votre naissance, avez vous entendu la réplique (qui devrait être célèbre d’ailleurs) “MAIS C’EST ÉVIDENT!” voir “MAIS C’EST ÉVIDENT ENFIN!”.

Que ce soit à l’école, en famille, avec ses amis, il y a toujours des handicapés de la communication professionnels de “l’évidence”

Et on se retrouve là, un peu humilié, un peu honteux, de ne pas comprendre cette fameuse “évidence”.

Ce soir, petite scène de ménage à la maison, qui devrait un peu illustrer ce concept…

L’objet du délit : la friteuse

Pour faire court, le barbu me demande de démarrer la friteuse, il y met des frites, et il part se doucher, me laissant avec 2 gnomes en furie (ça ça va), et la gestion de la cuisson des frites (là ça va tout de suite moins bien).

Clairement, ma connaissance en terme de friteuse de rapproche de la capacité d’un escargot à lire le journal sans baver dessus. Autrement dit, je suis une brêle en friteuse, je ne sais pas l’utiliser, l’huile qui boue me provoque des montées d’angoisses, l’odeur me file la nausée, j’ai toujours peur que tout explose (j’ai entendu plein d’histoire d’incendies démarrés par des friteuses), et en prime je ne mange jamais de frites (les acides gras trans et touça).

J’étais donc en train de vaguement regarder ladite friteuse quand je vois du liquide couler sur le coté, genre un léger débordement d’huile bouillante supra liquide et très trans…

Evidemment je n’ai aucune idée du pourquoi, je ne sais même pas si c’est normal…

S’en suit une conversation interieure entre moi et moi qui s’est déroulé à peu près comme ça : 

– Tiens, bizarre ce liquide qui coule, c’est quoi de l’huile? de la vapeur?

– Faudrait pas que ça provoque un incendie, enfin bon la friteuse est dehors au pire ça brûlera juste le balcon

– Je ne vois pas ce que je peux faire, l’huile est bouillante, ça gicle un peu, je peux me brûler au 14ème degré et je tiens à ma peau (sans jeu de mot foireux)

– A surveiller donc (facile, je suis assise en face de la fenêtre qui donne sur la friteuse)

(je sais, nous sommes plusieurs dans ma tête, mais c’est quand même moi le chef)

Soudain j’entends une voie de mâle qui vient du 1er étage et qui braie un vague “tu peux secouer les frites ma chérie d’amour qui a la bonté de s’occuper de cette tâche absolument détestable stoplé”?

Moi qui répond avec une voix de poissonière qui fait les marchés mélodieuse “OK” suivi d’un “je crois qu’il y a un petit problème, il y a de l’huile qui déborde sur le coté” (comme quoi, mon instinct avait quand même compris qu’il n’était pas normal que la friteuse perde ses acides gras trans).

Et là, Ô surprise, s’en ai suivi d’une allumage en bonne et due forme. A savoir que c’était quand même pas compliqué d’enlever le couvercle (comme si je m’étais douté à un seul moment qu’enlever le couvercle allait régler ce problème de débordement d’huile!), l’huile c’est super chiant à nettoyer (ça je suis bien d’accord, quoiqu’avec un peu de litière pour chat ce n’est pas si pire), que purée au lieu d’être sur mon téléphone je pouvais quand même aller m’occuper de ça (j’étais avec mon fils en train de faire un câlin, mais il faut savoir que le mâle en colère, même à un autre étage, croit savoir ce que tu es en train de faire), que c’est vraiment pas possible (sous entendu d’être aussi con? Ou débile? Ou quoi?).

Forcément j’ai répliqué un vague truc pour clamer mon innocence incompétence assumée mais j’ai bien vu que pour lui, c’était juste IN-CON-CE-VA-BLE de ne pas savoir faire marcher une friteuse.

Bref, une incompréhension somme toute super classique.

Parce que l’évidence de l’un, à savoir ici faire fonctionner une friteuse sans mettre le feu et sans faire déborder l’huile, n’est pas du tout celle de l’autre. Que ce n’est pas de la mauvaise volonté, vraiment pas, c’est juste qu’à ce moment là précisément, on n’est pas sur la même planète…

Alors certes, les hommes viennent de mars et les femmes de vénus, en prime je suis “cerveau droit” (autant dire qu’il n’y a pas que la cuisson des frites qui me posent problème) et mon homme “cerveau gauche” (plus facile dans cette société), il y a peut être le cablage ou je ne sais quoi, mais c’est impressionnant le nombre de fois ou l’incompréhension est absolue.

Dans l’autre sens aussi, bien sûr, quand il a lavé tout le sol avec du liquide vaisselle pur mis à même la serpillère, c’était à peu près la même situation inversée. Il s’était dit que ce serait propre et dégraissé, et moi je ne comprenais pas comment il avait pu penser que le sol serait propre après ça (il a fallu que je rince 4 fois à l’eau). Nan mais ce n’est pas E-VI-DENT qu’on ne lave pas le sol avec du liquide vaisselle pur?

Sauf que moi, dans ma bonté absolue, mon empathie et ma tolérance extrême, je ne lui passe pas un savon quand il lave le sol au liquide vaisselle (en même temps, il serait capable de laver le sol avec ledit savon).

Et puis, cette histoire de friteuse, ça m’a aussi renvoyé à la petite moi, celle qui se faisait engueuler car elle n’avait pas compris ce qu’on attendait d’elle.

En même temps, quand dans un énoncé tu as : une famille habite dans un appartement de service au sein d’une gendarmerie, au centre d’un petit village pittoresque du sud de la France, dans le département du Vaucluse… et que là question est “où habite la famille”, vous ne vous en posez pas vous, des questions?

Ou quand tu as sur une liste de courses avec “courgette = 1” c’est 1 courgette ou un kilo de courgette? Et quand on t’envoie chercher le “papier d’alu, dans le placard en bas à droite” et que la seule boîte de papier alu est en haut à gauche, il faut la ramener ou pas la boite? Quelle est l’information capitale, le papier d’alu ou l’endroit où il se situe? Parce que si ça se trouve celui en haut à gauche, il est pour quelqu’un d’autre? Ou ce n’est pas la bonne marque?

Bref, je m’égare… j’avais juste envie de raconter ce truc un peu futile qui m’a quand même pourrit un peu ma soirée. Parce qu’il y a de l’huile de partout, que je me suis pris une brasse, que je voulais vraiment bien faire,

Donc, histoire de me répéter encore un coup, les évidences des uns ne sont pas les évidences des autres… et qu’il faut VRAIMENT le garder en tête, notamment au sein du couple, quand la cocotte est pleine et que le vase déborde en fin de journée :)

Sur ce, je m’en vais jeter la friteuse.

Share

Cododo et sexualité, l’avis d’Infobébés en … 2016

cododo_8

Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes parents ont besoin d’être rassurés concernant leur choix de maternage / d’éducation / de fonctionnement vis-à-vis de leur progéniture. Et il y a des milliards de magazines, de blogs, d’articles destinés à répondre à leurs questions. Certains magazines sortent du lot et sont connus et reconnus du « grand public » depuis des années… et paraissent être une source fiable d’information…

J’avoue que je ne consulte pas du tout la plupart de ces magazines et ce pour plusieurs raisons :  trop d’incitation à acheter des tas de choses inutiles, avis très tranchés, articles super culpabilisants pour les parents en renvoyant une image totalement erronée de la réalité (vous savez les trucs de familles ricorées et de croyances sociétales que j’évoque souvent). C’est probablement très innocent avec un réel désir de bien faire, mais on est très très loin de lire des mots qui redonnent confiance à nos capacités de parents.

Je fuis donc clairement ce type de lecture…. Mais force est de constater que même si je ne vais pas vers l’information, celle-ci finit par arriver vers moi (merci les réseaux sociaux).

Aujourd’hui il est question de cododo sur le site d’Infobébés…  Clairement, le cododo n’a pas du tout bonne presse à leurs yeux, il suffit d’aller taper « cododo » dans le moteur de recherche de leur site internet pour s’en rendre compte (et aussi augmenter les pages lus sur leurs statistiques, donc à utiliser avec modération).

L’article en question s’appelle « Vrai/faux sur le cododo » (donc normalement objectif avec preuves scientifiques à l’appui… en théorie). Grosso modo selon eux le cododo favorise l’allaitement, c’est instinctif mais c’est dangereux pour le bébé (nous sommes des parents inconscients), ça ruine toute la future vie du gnome qui va rester coller à vos basques jusqu’à 78 ans (nous sommes des parents irresponsables), ça lui donne des habitudes toutes pourries d’entrée de jeu (nous sommes des parents trop permissifs), ce n’est pas bénéfique pour son développement (nous sommes des parents maltraitants), ça n’améliore pas la qualité / quantité de sommeil (nous sommes des parents masodestructeurs), ça peut le tuer (nous sommes des parents meurtriers), et ça ruine ta vie sexuelle à tout jamais (nous sommes des parents qui n’auront qu’un seul enfant)…

Aujourd’hui il ne s’agit pas seulement d’avis sur le cododo, il s’agit de la violence, du poids et du danger des mots utilisés. A mes yeux il n’est plus simplement question de désinformation sur un sujet, c’est bien plus grave que ça. Et au nom des femmes, des mères, des futures mères mais aussi des hommes, des enfants et de leurs besoins, des couples homosexuels, du respect des choix des parents, de l’égalité des sexes… Je n’ai pas pu me contenter cette fois de soupirer en levant les yeux au ciel…

Voici donc un extrait dudit article (désolé, je ne souhaitais pas mettre le lien accessible directement pour ne pas promouvoir cette page, mais vous retrouverez directement cet article sur leur site).

article cododo image

En tout premier, j’étais totalement incrédule. Je pensais que c’était genre une blague pour rappeler les 1er articles existants sur le sujet par exemple. Et j’ai vu que non. Alors J’ai regardé l’auteur de l’article… je ne sais pas moi, un vieux psychiatre freudien de 74 ans  ça aurait été énervant mais à la limite presque compréhensible car la culture et le fonctionnement de l’époque était très différent. Mais nan, l’auteure est une dame qui est psychologue clinicienne et mère de deux enfants, et qui est aussi le chef de service psycho-couple du magazine en question….

Je ne sais pas vous mais moi j’ai commencé à vomir dès la première phrase « un bébé empêche le père d’avoir sexuellement accès à sa femme ».

Un petit peu de Français de base :

Accès : moyen d’accéder, procédure d’introduction / voie d’approche d’un lieu / poussée passagère d’un état pathologique / procédure de récupération des données

Si je traduis littéralement, ça voudrait donc dire : « le père devrait pouvoir réaliser une procédure d’introduction  dans sa femme »  c’est bien ça ?

Donc, la présence du bébé empêche le père de s’introduire comme il le souhaiterait dans sa femme ou de s’en servir comme il voudrait (un peu comme d’une bière, de la télé, de l’autoroute, du canapé). D’ailleurs, c’est Le Père et Sa Femme. Monsieur est nommé Père, Madame est nommée « sa Femme » comme si elle était sienne en priorité. Pas mère, pas individu capable de s’autoappartenir. Non. Comme quand on s’appelle Madame Francis Cornebidouille alors qu’avant c’était Josiane Treslibre. Sauf qu’on s’est marié. Donc on ne s’appartient plus, même en 1923 2016 dans cet article.

On en parle de l’égalité des sexes là ? Et de la culture du viol ? Des femmes qui se sentent « obligées » depuis des décennies et des hommes qui passent pour des irrespectueux immoraux égoïstes ? Des couples homosexuels qui peuvent aussi avoir des enfants et pratique le cododo ? D’autres paramètres qui peuvent empêcher la reprise de rapports sexuels (douleurs, suite d’épisiotomie et de césarienne, périnée dans les baskets, épuisement, burn out et j’en passe) ? De la libido des femmes qui a le droit d’être exprimée également sans honte ? 

Continuons l’analyse…

« si l’enfant reste dans la chambre des parents, c’est qu’il y a un problème, que le couple est passé du conjugal au parental, que les parents fuient l’intimité du tête à tête amoureux ».

On retombe dans l’esprit hyper culpabilisant. Selon eux il y a un problème. Le couple est devenu un couple parental. Mince alors. Il est donc impossible d’être un couple parental ET un couple conjugal ? Il faut donc rester couple conjugal (quoi ? nous sommes devenus parents ???) et  accepter l’introduction de Monsieur selon son bon vouloir. Si ce n’est pas le cas, c’est que les parents fuient l’intimité du tête à tête (ou autre partie du corps, selon l’accession à Madame). Génial. Sublime. Ou comment en rajouter une couche à une jeune maman épuisée qui a déjà l’impression de tout rater.

Et enfin…

 « bien sûr, il est possible d’imaginer les rapports sexuels dans d’autres lieux que le lit conjugal, mais cela demande de l’organisation, de la liberté et de la disponibilité que n’ont pas les parents d’un tout jeune enfant. »

Evidemment il n’y a pas d’autres options. Les parents ne sont pas créatifs, n’ont pas envie de passer du temps ensemble, et il est clair que comme la libido revient aux hommes et que les femmes subissent tout, elles n’ont pas la capacité de communiquer donc elle fuit la relation en gardant le gnome dans le lit.

Donc si on récapitule, le Père  doit pouvoir s’introduire dans Sa femme quand il le souhaite, le couple doit rester conjugal (et laisser son bébé avec ses problèmes, nanmaisoh chacun sa m****), et les parents étant de gros blaireaux incapables de trouver des solutions ils ne pourront pas gérer eux même leur intimité et devront s’en remettre aux conseils stupides et culpabilisants de cet article… 

Bon, je ne suis pas psychologue clinicienne, et je ne prétends pas tout connaître sur le sujet, loinnnnn de là. Mais je ne comprends pas pourquoi les choses sont tournées de cette façon. Pourquoi ne pas transformer les remarques culpabilisantes en idées positives? Laisser chaque couple se définir ou se redéfinir? Chaque mère avoir la liberté d’être mère à sa manière? Pourquoi ne pas donner des cartes aux familles, proposer des vrais solutions, sans juger ni imposer?  Pourquoi ne pas informer réellement de manière constructive? 

Des titres tels que « retrouver l’envie de passer du temps à deux »? ou « où faire l’amour quand le gnome squatte le lit parental? » ou même « quelles sont les règles à respecter pour assurer la sécurité en cododo? » et se baser sur des VRAIS ETUDES, pas sur les pensées d’une poignée de Psychos/psychias un peu aigris ou frustrés ou occidentalisés ou que sais je!

Dans tous les cas, parents et futurs parents, ayez confiance en vous et écoutez votre petite voix intérieure… ce sera bien plus positif que de vous faire culpabiliser si vous ne rentrez pas dans les clous d’un quelconque magazine…

Et Amis lecteurs, je vous invite à allez aussi dire vos pensées et votre mécontentement au journal… Je crois très fort que c’est en exposant nos points de vues et nos désaccords que nous pourrons être écoutés et respectés dans nos avis!

 Edit : LA phrase gênante a été modifiée. Donc on ne parle plus « d’accès à la femme », mais le reste de l’article reste le même. Un début….

Share