Cododo et sexualité, l’avis d’Infobébés en … 2016

cododo_8

Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes parents ont besoin d’être rassurés concernant leur choix de maternage / d’éducation / de fonctionnement vis-à-vis de leur progéniture. Et il y a des milliards de magazines, de blogs, d’articles destinés à répondre à leurs questions. Certains magazines sortent du lot et sont connus et reconnus du « grand public » depuis des années… et paraissent être une source fiable d’information…

J’avoue que je ne consulte pas du tout la plupart de ces magazines et ce pour plusieurs raisons :  trop d’incitation à acheter des tas de choses inutiles, avis très tranchés, articles super culpabilisants pour les parents en renvoyant une image totalement erronée de la réalité (vous savez les trucs de familles ricorées et de croyances sociétales que j’évoque souvent). C’est probablement très innocent avec un réel désir de bien faire, mais on est très très loin de lire des mots qui redonnent confiance à nos capacités de parents.

Je fuis donc clairement ce type de lecture…. Mais force est de constater que même si je ne vais pas vers l’information, celle-ci finit par arriver vers moi (merci les réseaux sociaux).

Aujourd’hui il est question de cododo sur le site d’Infobébés…  Clairement, le cododo n’a pas du tout bonne presse à leurs yeux, il suffit d’aller taper « cododo » dans le moteur de recherche de leur site internet pour s’en rendre compte (et aussi augmenter les pages lus sur leurs statistiques, donc à utiliser avec modération).

L’article en question s’appelle « Vrai/faux sur le cododo » (donc normalement objectif avec preuves scientifiques à l’appui… en théorie). Grosso modo selon eux le cododo favorise l’allaitement, c’est instinctif mais c’est dangereux pour le bébé (nous sommes des parents inconscients), ça ruine toute la future vie du gnome qui va rester coller à vos basques jusqu’à 78 ans (nous sommes des parents irresponsables), ça lui donne des habitudes toutes pourries d’entrée de jeu (nous sommes des parents trop permissifs), ce n’est pas bénéfique pour son développement (nous sommes des parents maltraitants), ça n’améliore pas la qualité / quantité de sommeil (nous sommes des parents masodestructeurs), ça peut le tuer (nous sommes des parents meurtriers), et ça ruine ta vie sexuelle à tout jamais (nous sommes des parents qui n’auront qu’un seul enfant)…

Aujourd’hui il ne s’agit pas seulement d’avis sur le cododo, il s’agit de la violence, du poids et du danger des mots utilisés. A mes yeux il n’est plus simplement question de désinformation sur un sujet, c’est bien plus grave que ça. Et au nom des femmes, des mères, des futures mères mais aussi des hommes, des enfants et de leurs besoins, des couples homosexuels, du respect des choix des parents, de l’égalité des sexes… Je n’ai pas pu me contenter cette fois de soupirer en levant les yeux au ciel…

Voici donc un extrait dudit article (désolé, je ne souhaitais pas mettre le lien accessible directement pour ne pas promouvoir cette page, mais vous retrouverez directement cet article sur leur site).

article cododo image

En tout premier, j’étais totalement incrédule. Je pensais que c’était genre une blague pour rappeler les 1er articles existants sur le sujet par exemple. Et j’ai vu que non. Alors J’ai regardé l’auteur de l’article… je ne sais pas moi, un vieux psychiatre freudien de 74 ans  ça aurait été énervant mais à la limite presque compréhensible car la culture et le fonctionnement de l’époque était très différent. Mais nan, l’auteure est une dame qui est psychologue clinicienne et mère de deux enfants, et qui est aussi le chef de service psycho-couple du magazine en question….

Je ne sais pas vous mais moi j’ai commencé à vomir dès la première phrase « un bébé empêche le père d’avoir sexuellement accès à sa femme ».

Un petit peu de Français de base :

Accès : moyen d’accéder, procédure d’introduction / voie d’approche d’un lieu / poussée passagère d’un état pathologique / procédure de récupération des données

Si je traduis littéralement, ça voudrait donc dire : « le père devrait pouvoir réaliser une procédure d’introduction  dans sa femme »  c’est bien ça ?

Donc, la présence du bébé empêche le père de s’introduire comme il le souhaiterait dans sa femme ou de s’en servir comme il voudrait (un peu comme d’une bière, de la télé, de l’autoroute, du canapé). D’ailleurs, c’est Le Père et Sa Femme. Monsieur est nommé Père, Madame est nommée « sa Femme » comme si elle était sienne en priorité. Pas mère, pas individu capable de s’autoappartenir. Non. Comme quand on s’appelle Madame Francis Cornebidouille alors qu’avant c’était Josiane Treslibre. Sauf qu’on s’est marié. Donc on ne s’appartient plus, même en 1923 2016 dans cet article.

On en parle de l’égalité des sexes là ? Et de la culture du viol ? Des femmes qui se sentent « obligées » depuis des décennies et des hommes qui passent pour des irrespectueux immoraux égoïstes ? Des couples homosexuels qui peuvent aussi avoir des enfants et pratique le cododo ? D’autres paramètres qui peuvent empêcher la reprise de rapports sexuels (douleurs, suite d’épisiotomie et de césarienne, périnée dans les baskets, épuisement, burn out et j’en passe) ? De la libido des femmes qui a le droit d’être exprimée également sans honte ? 

Continuons l’analyse…

« si l’enfant reste dans la chambre des parents, c’est qu’il y a un problème, que le couple est passé du conjugal au parental, que les parents fuient l’intimité du tête à tête amoureux ».

On retombe dans l’esprit hyper culpabilisant. Selon eux il y a un problème. Le couple est devenu un couple parental. Mince alors. Il est donc impossible d’être un couple parental ET un couple conjugal ? Il faut donc rester couple conjugal (quoi ? nous sommes devenus parents ???) et  accepter l’introduction de Monsieur selon son bon vouloir. Si ce n’est pas le cas, c’est que les parents fuient l’intimité du tête à tête (ou autre partie du corps, selon l’accession à Madame). Génial. Sublime. Ou comment en rajouter une couche à une jeune maman épuisée qui a déjà l’impression de tout rater.

Et enfin…

 « bien sûr, il est possible d’imaginer les rapports sexuels dans d’autres lieux que le lit conjugal, mais cela demande de l’organisation, de la liberté et de la disponibilité que n’ont pas les parents d’un tout jeune enfant. »

Evidemment il n’y a pas d’autres options. Les parents ne sont pas créatifs, n’ont pas envie de passer du temps ensemble, et il est clair que comme la libido revient aux hommes et que les femmes subissent tout, elles n’ont pas la capacité de communiquer donc elle fuit la relation en gardant le gnome dans le lit.

Donc si on récapitule, le Père  doit pouvoir s’introduire dans Sa femme quand il le souhaite, le couple doit rester conjugal (et laisser son bébé avec ses problèmes, nanmaisoh chacun sa m****), et les parents étant de gros blaireaux incapables de trouver des solutions ils ne pourront pas gérer eux même leur intimité et devront s’en remettre aux conseils stupides et culpabilisants de cet article… 

Bon, je ne suis pas psychologue clinicienne, et je ne prétends pas tout connaître sur le sujet, loinnnnn de là. Mais je ne comprends pas pourquoi les choses sont tournées de cette façon. Pourquoi ne pas transformer les remarques culpabilisantes en idées positives? Laisser chaque couple se définir ou se redéfinir? Chaque mère avoir la liberté d’être mère à sa manière? Pourquoi ne pas donner des cartes aux familles, proposer des vrais solutions, sans juger ni imposer?  Pourquoi ne pas informer réellement de manière constructive? 

Des titres tels que « retrouver l’envie de passer du temps à deux »? ou « où faire l’amour quand le gnome squatte le lit parental? » ou même « quelles sont les règles à respecter pour assurer la sécurité en cododo? » et se baser sur des VRAIS ETUDES, pas sur les pensées d’une poignée de Psychos/psychias un peu aigris ou frustrés ou occidentalisés ou que sais je!

Dans tous les cas, parents et futurs parents, ayez confiance en vous et écoutez votre petite voix intérieure… ce sera bien plus positif que de vous faire culpabiliser si vous ne rentrez pas dans les clous d’un quelconque magazine…

Et Amis lecteurs, je vous invite à allez aussi dire vos pensées et votre mécontentement au journal… Je crois très fort que c’est en exposant nos points de vues et nos désaccords que nous pourrons être écoutés et respectés dans nos avis!

 Edit : LA phrase gênante a été modifiée. Donc on ne parle plus « d’accès à la femme », mais le reste de l’article reste le même. Un début….

Share

« La jupe double peine » m’aura doublement énervée…

Elle est pas belle ma jupe?

Elle est pas belle ma jupe?

Ma réaction suite à la lecture d’un article du journal « le Monde »

Pour être tout à fait honnête, je ne lis jamais rien qui se rapporte à la mode. Parce que clairement, la mode, je m’en fiche pas mal. Je suis plutôt du genre à choisir en fonction de l’aspect « je travaille donc ça doit coller aux obligations vestimentaires de la boite » ou « je ne bosse pas et c’est la fête du string sarouel et plus je me sens confort et mieux c’est ».

Qu’on soit bien d’accord, je ne dénigre pas du tout le blogging/blogage mode, bien au contraire ! J’irai même jusqu’à dire que c’est indispensable pour faire évoluer les mentalités.
 Clairement, montrer la mode sur des humaines normales permettra à toutes les humaines normales (soit 99,99% de la population) de se sentir normales et peut être qu’un jour on aura une majorité de femmes bien ou en tout cas mieux dans leur corps !

Soyons honnêtes, les médias nous montre des nanas photoshopées censées représenter un idéal… idéal clairement inatteignable, mais les arguments sont nombreux pour perdurer dans cette voie : l’absence de forme fait ressortir les vêtements positivement  / la femme maigre a l’air dynamique et de prendre soin d’elle / on a besoin de cette image pour que les jeunes femmes continuent le consommer des pillules amincissantes et d’acheter des barres de régimes  / ça crée des emplois …

Bref, je m’égare. Une copinaute bloggeuse mode horrifiée a partagé un article d’une chroniqueuse mode qui écrit pour le Monde.  Je l’ai donc lu. Et depuis je rumine.

« La Jupe Double Peine »

L’article parle de la « jupe double peine », son introduction est la suivante : « Certes très longue, la jupe type Falbala ne camoufle pas exactement les kilos et poils superflus, elle fait juste semblant, tout en transparence… » Ca commence très fort…

Clairement l’article est insultant, humiliant, tournée sur un ton humoristique mais qui ne prend pas. C’est un manque de respect des femmes, pire que de la mysoginie et c’est écrit par un femme, qui appuie encore un peu plus la pression sociétale qui exige d’une femme qu’elle soit belle, mince, épilée et qu’elle ait un goût conforme.

L’article est culpabilisant, les termes employés sont atroces, on parle de  «format phoque / baleineau »en parlant de certaines femmes, de « cache-misère lipidique » pour décrire une jupe longue, de « taille élastiquée qui permet d’enquiller couscous garni et chauffre chantilly », de « rectangle mou et sans complexe» pour décrire la femme de dos, et je passe sur l’analyse des choix de sous-vêtements, de diktat sur l’épilation en passant par l’analyse du pourquoi du comment du surpoids avec des phrases magiques telles que « il va falloir trouver autre chose pour pallier les abus de purée-chocolat chaud de l’hiver », insinuant à plusieurs reprises que la femme ronde se gave sans retenue. 

En lisant l’article, j’étais vraiment choqué, outrée, en colère…  Je me suis demandée si l’auteure de cet article est complexée, grossophobe, cellulitophobe, si elle a un sens de l’humour totalement douteux, un syndrôme autistique non remarqué ou une méchanceté absolue…  Mais finalement peu importe.

C’est écrit, des milliers de femmes liront cette chronique, des milliers de femmes se sentiront mal à l’aise au moment de choisir leur vêtement, que ce soit une jupe longue, un string ou une culotte SM, et pire encore ça peut renforcer l’image déjà désastreuse de tant de femmes qui essayent de se sentir du mieux qu’elles peuvent avec  leur corps.

« Où comment bafouer la liberté d’expression  quand le commentaire dérange »

J’ai voulu écrire directement une réponse à cet article sur la page FB du monde.
J’ai écrit un commentaire qui disait qu’il serait tellement mieux d’apprendre aux femmes à s’aimer et à s’accepter quel que soit leur corps, leur choix, leur poil, leur culotte, plutôt que de les descendre avec des propos mysogines, destructeurs et irrespectueux… Et qu’au lieu d’essayer d’être belles, nous les femmes devrions plutôt essayer d’être libre… car nous SOMMES TOUTES BELLES !!!!

Et quelques secondes seulement après publication, mon message était supprimé…
Censure ! Au lieu d’assumer cette article, peut-être d’en expliquer le but, ou le sens, voir même s’excuser, ce qui serait signe de remise en question. On préfère censurer ceux qui parlent, qui osent dire qu’il n’est pas correct d’écrire des articles irrespectueux et blessants pour les femmes,  qui essayent de s’élever contre ces obligations physiques induites par une société de consommation et des siècles de patriarcat.

Aussi j’écris cet article, parce que ça ne me paraît pas futile, parce que j’ai envie d’aider les femmes à s’aimer, de les aider à se sentir libre… d’être elle-même, de s’aimer comme elles sont, et d’oser l’ouvrir pour se révolter de ces formes de maltraitances !

Pour lire cet article infâme c’est ici http://www.lemonde.fr/m-actu-chroniques/article/2015/06/29/la-jupe-double-peine_4661467_4573473.html

La page FB du journal  Le Monde, pour vous offusquer (et être censurée comme moi éventuellement) c’est ici : https://www.facebook.com/mlemagazinedumonde/photos/a.262382920468212.65782.260968353943002/989162611123569/?type=1&comment_id=989765204396643&offset=0&total_comments=39&notif_t=photo_reply

Un contre article très bien écrit que je trouve excellent, et qui a le mérite en plus de présenter des liens très intéressants à lire c’est  ici : http://www.madmoizelle.com/jupe-double-peine-sexisme-389145

Et je vous invite à partager un maximum, à vous élever contre ce type d’irrespect et d’humour totalement douteux ! Partagez mon article, celui de Mademoizelle, même celui du monde en vous offusquant d’oser lire ce genre d’écrits.

Et n’oubliez pas mes chéris : vous êtes BELLES !!!!! Ronde, maigre, épilée, poilue, grande, petite, en jean, en jupe longue, en string, en culotte ou nues en chaussettes de ski !!!!! 

Share