C’était mieux avant !!! …. ou pas?

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La bonne vieille dodoche de l’époque!

Quand j’étais gamine, je me souviens qu’il y avait cette phrase qui avait tendance à m’horripiler sérieusement. LA phrase qui ressortait à chaque repas de famille, à chaque discussion avec les anciens du village, à chaque fois que je croisais quelqu’un qui avait plus de 100 ans 60 ans. Cette phrase c’était : « C’ETAIT MIEUX AVANT! », et pouvait se décliner en « au moins de mon temps c’était pas comme ci, « oui mais à mon époque c’était comme ça et c’était mieux »…

Déjà, comment comprendre ce type de phrase quand on n’a que sa propre réalité d’enfant / adolescente / de jeune femme et qu’on n’a jamais connu ce fameux « avant »? Ensuite, il faut reconnaître que derrière cette toute petite phrase il y a le sentiment que ce qu’on vit dans notre réalité n’est vraiment pas génial, voir même totalement pourri, alors que ce n’est pas la perception qu’on en a. Sans compter que ça laisse penser que l’interlocuteur qui regrette tant « l’avant » n’est pas épanoui et que le pauvre, il ne peut pas être aidé (ben oui, ça ne se recrée pas, le passé)…

Bref, les années défilant à la vitesse de la lumière, me voilà maintenant à 35 ans.  J’avoue je ne suis pas du genre à vivre dans le passé, ni à ressasser avec nostalgie les meilleurs moments de ma vie (ou les pires, c’est selon). J’ai même une certaine propension à être une Doris de la mémoire à long terme, avec mes souvenirs devenant flous pour disparaître insidieusement à tout jamais dans l’océan de mon cerveau.

Sauf que, les vieux chnocks de mon enfance ont pour la plupart viré Alzeihmer, et ceux qui disaient « c’était mieux avant » ont changé leur discours pour « ouh là là mais je ne comprends plus rien aux jeunes / à la vie de maintenant ». Comme quoi après le « c’était mieux avant » vient le « mais c’est quoi ce bordel maintenant? ».

Soit.

Là où je suis surprise, et passablement agacée je vous l’accorde, c’est que j’entends des amis, des potes, des collègues seriner le fameux discours… à 30, 35, 40, et 50 ans… Et là je me dis « WTF, c’était donc contagieux »! Je ne parle pas de ceux qui, en fin de soirée, après 17 verres de vins de rouges et 2 clairettes, commencent à ressasser le passé versus amélioré, genre « ouais tu te souviens on dévalait la descente de la montagne à patins à roulettes à sangles, c’était vraiment trop génial je ne vois pas pourquoi ils ont inventé les rollers blades » , je parle de ceux qui critiquent tout ou presque en faisant référence à « l’avant », comme si le présent était trop pourrave et qu’il aurait fallu faire un arrêt sur image dans les années 80 (90, 2000…).

Donc j’ai noté ces dernières semaines les différents « c’était mieux avant » entendus, avec un petit commentaire (que je n’ai pas formulé dans la vraie vie hein, juste dans ma tête).

  • L’école, c’était mieux avant, au moins on apprenait des choses utiles, et les profs étaient compétents : oui, oui, c’était top, Mme M. me tirait les oreilles à m’en décoller de ma chaise, Mr B. me mettait au coin en m’attrapant par les cheveux et Melle P. humiliait ses élèves en permanence. Et je n’ai jamais compris l’utilité de faire la démonstration du quadrilatère ni de développer la formule chimique du chlore en symboles, sans compter les équations à 2 inconnues et tout ce qui ne me sert strictement à rien aujourd’hui (soit à peu près tout ce que j’ai appris). 
  • Avant au moins, on n’était pas obligé de mettre sa ceinture de sécurité! : c’est vrai, quelle liberté de mouvement! et avec les anciennes carrosseries qui ne pliait pas sous le choc (qui était mieux d’ailleurs), les accidents étaient épiques. Et les gens concernés ne sont plus là pour en parler. 
  • N’importe quoi l’obligation de faire porter des casques à vélo aux enfants, je n’ai jamais eu de casque et il ne m’est jamais rien arrivé : tant mieux pour toi, tu ne serais peut être plus là pour en parler toi non plus.
  • Avant, la baguette de pain coutaît 36 centimes de francs (nomdidiou)! (soit 36 anciens francs, ou 0,5 centime d’euro) : c’est clair, et le SMIC horaire était à 1,64 Francs de l’heure, soit 164 ancien francs ou 25 centimes d’euro, et une voiture bas de gamme coûtait 5 000 francs. Finalement, le SMIC aujourd’hui est à 10 € de l’heure (ou presque), la baguette coûte 1 € et une voiture bas de gamme 3 000 €… suis pas sure de savoir compter, mais la situation vis à vis de l’achat de la baguette ou de la voiture me semble plutôt aller dans le bon sens (je ne dis pas que c’est le cas sur tout, entendons nous bien). 
  • De mon temps on avait le sens du travail, et on avait pas peur de faire des heures! : c’est vrai, temps de travail légal de 50 heures par semaine, 2 semaines de congés par an, sans protection, en réalisant des tâches pénibles, éventuellement en attrapant un cancer lié à l’amiante et en mourant à 55 ans, un masque sur la bouche et une bouteille d’oxygène à coté du lit, ça valait le coup! 
  • Avant, on ne se faisait pas racketter son téléphone portable à l’école! : nan, c’est vrai, on se faisait racketter son blouson, son vélo, son goûter, et il n’y avait pas l’assurance spéciale « perte, vol ou casse » qui allait avec… Donc le vélo qui t’avait valu 1 an d’économie et 40 lavages de voitures des voisins, ben t’étais bon(ne) pour attendre l’année prochaine pour t’en payer un autre. 
  • La violence, c’est un truc de maintenant! De mon temps ça n’existait pas! : tu es sûr de ton coup là? Parce que l’holocauste de la 2ème guerre mondiale, de mémoire pendant les cours d’histoires géniaux de mon temps, c’était pas super soft, si? Et Staline et Mao aussi n’avaient pas l’air supra bienveillants? et pendant la guerre d’Algérie, il n’y avait ni torture ni violence? et au moyen âge (ben oui, super loin avant ou ça devait être génialement mieux)?
  • Au moins à la télé il y avait des programmes intéressants! C’est vrai quoi, Club Dorothée pour les enfants, Dallas pour jenesaispasquic’étaittroppourri, Santa Barbara tu me diras pourquoi (j’ai le mal de vivreuh), Derrick pour la sieste de Mamie, Tourner Manège pour les célibataires, l’Ecole des Fans pour les dimanche pluvieux… c’était vraiment top! 
  • Internet, maintenant, c’est la porte ouverte à pleins de mauvaises informations! Et pleins de bonnes aussi, non? et une certaine autonomie? parce que le minitel et la bibliothèque ouvert 2 matinées par semaine, c’était un peu limite non? si? 
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    Au moins pas d’ondes wifi avec ce téléphone

    Avant, y avait pas tous ces téléphones et c’était pas plus mal, au moins les gens se parlaient, et passaient du temps ensemble : Oui, enfin ils se parlent par écrit maintenant. Et puis par téléphone. Bon, certes, je concède sur le fait qu’il y a moyen de se sentir seul entouré de 5 personnes les yeux rivés sur leur smartphone, et que ce put*** de téléphone sonne sans arrêt entre les SMS, les pubs, les mails, les notifications FB, instagramm, Pinterest… yep là c’était ptêt mieux avant pour le coup!

  • …….. (y en a plein d’autres hein, mais je vous laisse compléter en commentaires!)

Vous l’aurez compris, je ne suis pas fan du « c’était mieux avant »… même si parfois, j’avoue tout, je me dis que ça avait l’air pas mal pendant la période de la petite maison dans la prairie, quand les gens se déplaçaient à cheval et vivaient à la campagne , que la solidarité était fortement présente, que les gens mourraient de maladies  qui se soignent très bien aujourd’hui, ou de famine parce que la récolte était moisie, que les filles devaient faire les boniches à la maison et se marier à 14 ans, que l’IVG était possible seulement à l’aiguille à tricoter après le 7 ème enfant, qu’on mangeait son cheval quand il n’y avait plus rien  d’autre à bouffer, qu’on faisait chauffer l’eau à la marmitte pour prendre un bain, qu’il fallait courir dans la cabane au fond du jardin pour aller aux toilettes même en plein hiverLe top du top quoi!

Pour aller plus loin :

 

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« Les séparations qui font grandir » selon le magazine Parents…

Où comment lire une mine de conneries en moins de 30 lignes, venant d’un magazine étant malheureusement encore la référence pour de nombreux parents?

L’article en question : 

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Il y a peu je m’étais offusquée d’un article concernant le cododo vu par le même magazine (article ici ), qui était clairement misogyne et dénué de toute information sérieuse.

Aujourd’hui je m’indigne sur un article qui sous entendrait que l’arrêt de l’allaitement est bénéfique pour la communication de l’enfant. Et la première chose que j’ai envie de dire, c’est What the fuck???

Ne lisant pas ce magazine (c’est mauvais pour ma zenattitude), je n’ai pas trouvé la psychologue en question ayant écrit l’article (peut être que la même qui écrit les articles sur le cododo?)… si quelqu’un veut me transmettre l’info, je lui en serais vraiment reconnaissante (pour lui écrire un petit mail bien sympa, à cette psy en question).

J’en suis à me demander si la psychologue écrit absolument maladroitement, où si sa maladresse est une “couverture” (je sais, je regarde trop de séries) pour faire passer ses messages et ses idées, version “l’air de rien je vous oriente, pauvres parents qui ont si peu confiance en eux et qui sont tellement influençables”… A moins que Gallia, Guigoz ou Nestlé ont tellement bien fait leur job publicitaire que la nanapsy a totalement oublié d’être impartiale…

Quoiqu’il en soit, elle ne cite aucune source, n’en a probablement aucune (si ce n’est les laboratoires fabricants de lait artificiel)… et ce qu’elle dit, ça craint du boudin..

Allez, c’est partit pour la décortication d’article :

Parents a écrit : “après quelques mois de tendre fusion, c’est généralement vers 4 mois que l’enfant doit renoncer au sein maternel”

Déjà ça commence fort. “Généralement” fait presque passer la pillule, versus ni une ni deux je t’enfume.

C’est quoi l’âge de 4 mois? L’âge de reprise du travail? On parle souvent d’allaitement jusqu’à 6 mois… peut être que Gallia a décidé de ramener cet âge à 4? “4 mois ça fera bien, il faut renforcer l’idée qu’après il ne faut plus allaiter, 6 mois c’est trop long, on perd 2 mois de boîtes de lait, à 15 € la boîte, il en faut 4 pour 2 mois, ça ajoute 60 € par bébé sevré 2 mois plus tôt… et même si on gagne juste 3000 bébés (sur 800 000 naissances par an c’est jouable), ça nous augmente le chiffre d’affaire de   180 000 € « ….

Parents Intox magazine a écrit : “Il découvre alors toutes les autres possibilités que lui offre sa bouche : elle peut sourire, émettre des sons, provoquer des réactions chez l’autre”

Sous entendu, pauvre Bichounet, s’il était encore au sein il ne pourrait pas découvrir tout ça? Nan parce que les premiers sourires arrivent souvent avant les 4 mois, et ça que l’enfant soit allaité ou pas. Et les sons, aussi… Et dieu merci, les réactions chez les autres, il n’a pas besoin d’arrêter d’être allaité pour en avoir, puisque l’enfant interagit dès la naissance avec son entourage!

Parents Navet a écrit : “A partir du moment où il faut le deuil de la tété, le jeune enfant va utiliser sa bouche pour se manifester, gazouiller et communiquer, non seulement avec sa mère mais avec toute personne proche. Ainsi, son horizon relationnel s’élargit fabuleusement. C’est une belle ouverture qui préfigure l’accès au langage”

Là, je commence à perdre mes mots, où ma diplomatie je ne suis pas sure.

C’est quoi ce truc de faire le “deuil de la tétée”, l’enfant a besoin de faire ce deuil pour se manifester, gazouiller et communiquer? Genre “vas y, souffre Bichounet, comme ça tu pourras gazouiller, sinon tu seras un gros déb incapable de le faire… Puis faut commencer à souffrir maintenant, tu sais la vie c’est chaud patate alors autant t’habituer de suite? »

Là encore, soi disant que si l’enfant tète encore, il sera collé à sa mère et son horizon relationel va s’étriquer entre lui et sa maman? Bullshit! Un enfant, allaité ou nourrit au biberon, va forcément chercher à communiquer!

Et l’ouverture préfigurant l’accès au langage, mais WTF? Le langage à 4 mois? Et si l’enfant tête il ne parlera pas (ben vi Josette, on ne parle pas la bouche pleine nom di diou!)

Parents Bullshit magazine a écrit : “Pour la première fois, il ressent que sa mère peut s’en aller, le laisser seul, lui, si petit, si dépendant. Sur le plan psychique, c’est à nouveau une grande perte : c’en est fini de ce sentiment de fusion si sécurisant. Mais c’est un énorme pas en avant : le bébé peut désormais se reconnaître dans un miroir. Cette prise de conscience de soi est un tremplin vers l’ouverture au monde, le désir d’autonomie…”

Effectivement, il y a bien une angoisse lié à la séparation d’avec sa maman, puisque Bichounet se rend compte qu’elle est distincte de lui. Mais se reconnaître dans le miroir??? Nan mais sérieux, il est connu qu’un enfant n’est capable de se reconnaitre dans le miroir autour de 2 ans! C’est quoi l’idée là? Que la mère se dise “youpi tralala, il est en pleine angoisse de séparation, mais peu importe ses difficultés, il va se reconnaître dans le miroir”?  Surtout quand c’est pas vrai? (ou alors: « Mince, je dois arrêter d’allaiter, mon lardon ne se reconnait pas dans le miroir, si j’avais utiliser Guigoz on n’en serait pas là bordel »)…

Quant à l’ouverture au monde et au désir d’autonomie… c’est ptêt justement l’inverse qui se passe! Les bébés rassurés, comblés, réconfortés, qui peuvent revenir vers leur maman / papa, auront suffisamment confiance pour oser s’aventurer et accéder à la fameuse autonomie… Et ce n’est pas en les coupant de leurs besoins fondamentaux et en n’y répondant pas que ces enfants se sentiront en confiance et oseront se lancer à la découverte de la vie!

Bref, ce n’est pas un article pour faire l’apologie de l’allaitement (même si après 45 mois d’allaitement, je serais hypocrite de dire que je suis pro-nestlégalliaguigoz), mais simplement de remettre les choses dans le bon ordre avec un regard un peu plus neutre que madame la psy qui a écrit ce torchon.

Que vous souhaitiez allaiter ou pas, que vous ayez envie de sevrer à 3 mois ou à 6, ou à 2 ans, ou 7 ans, laisser vous guidez par vos envies et votre instinct. Votre enfant ne sera pas débile, il saura communiquer, et il a surtout besoin qu’on réponde à ses besoins (nourriture, contacts, interactions, amour, communication…) pour se développer correctement.

Mais pitié, lecteurs de parents – infobébés, changez donc de sources d’information… ce magazine (virtuel ou papier) c’est un peu ce qu’est TF1 quand il s’agit de donner de l’info… De la daube!

Pour plus d’informations concernant l’allaitement (des vrais sources! nanmého!) :

Articles de l’OMS : http://www.who.int/topics/breastfeeding/fr/

Recommandation de l’HAS (haute autorité de santé) : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Allaitement_recos.pdf

Synthèse des recommandations par la Leache League : http://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/949-recommandations-actions-allaitement-sante-publique

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Cododo et sexualité, l’avis d’Infobébés en … 2016

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Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes parents ont besoin d’être rassurés concernant leur choix de maternage / d’éducation / de fonctionnement vis-à-vis de leur progéniture. Et il y a des milliards de magazines, de blogs, d’articles destinés à répondre à leurs questions. Certains magazines sortent du lot et sont connus et reconnus du « grand public » depuis des années… et paraissent être une source fiable d’information…

J’avoue que je ne consulte pas du tout la plupart de ces magazines et ce pour plusieurs raisons :  trop d’incitation à acheter des tas de choses inutiles, avis très tranchés, articles super culpabilisants pour les parents en renvoyant une image totalement erronée de la réalité (vous savez les trucs de familles ricorées et de croyances sociétales que j’évoque souvent). C’est probablement très innocent avec un réel désir de bien faire, mais on est très très loin de lire des mots qui redonnent confiance à nos capacités de parents.

Je fuis donc clairement ce type de lecture…. Mais force est de constater que même si je ne vais pas vers l’information, celle-ci finit par arriver vers moi (merci les réseaux sociaux).

Aujourd’hui il est question de cododo sur le site d’Infobébés…  Clairement, le cododo n’a pas du tout bonne presse à leurs yeux, il suffit d’aller taper « cododo » dans le moteur de recherche de leur site internet pour s’en rendre compte (et aussi augmenter les pages lus sur leurs statistiques, donc à utiliser avec modération).

L’article en question s’appelle « Vrai/faux sur le cododo » (donc normalement objectif avec preuves scientifiques à l’appui… en théorie). Grosso modo selon eux le cododo favorise l’allaitement, c’est instinctif mais c’est dangereux pour le bébé (nous sommes des parents inconscients), ça ruine toute la future vie du gnome qui va rester coller à vos basques jusqu’à 78 ans (nous sommes des parents irresponsables), ça lui donne des habitudes toutes pourries d’entrée de jeu (nous sommes des parents trop permissifs), ce n’est pas bénéfique pour son développement (nous sommes des parents maltraitants), ça n’améliore pas la qualité / quantité de sommeil (nous sommes des parents masodestructeurs), ça peut le tuer (nous sommes des parents meurtriers), et ça ruine ta vie sexuelle à tout jamais (nous sommes des parents qui n’auront qu’un seul enfant)…

Aujourd’hui il ne s’agit pas seulement d’avis sur le cododo, il s’agit de la violence, du poids et du danger des mots utilisés. A mes yeux il n’est plus simplement question de désinformation sur un sujet, c’est bien plus grave que ça. Et au nom des femmes, des mères, des futures mères mais aussi des hommes, des enfants et de leurs besoins, des couples homosexuels, du respect des choix des parents, de l’égalité des sexes… Je n’ai pas pu me contenter cette fois de soupirer en levant les yeux au ciel…

Voici donc un extrait dudit article (désolé, je ne souhaitais pas mettre le lien accessible directement pour ne pas promouvoir cette page, mais vous retrouverez directement cet article sur leur site).

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En tout premier, j’étais totalement incrédule. Je pensais que c’était genre une blague pour rappeler les 1er articles existants sur le sujet par exemple. Et j’ai vu que non. Alors J’ai regardé l’auteur de l’article… je ne sais pas moi, un vieux psychiatre freudien de 74 ans  ça aurait été énervant mais à la limite presque compréhensible car la culture et le fonctionnement de l’époque était très différent. Mais nan, l’auteure est une dame qui est psychologue clinicienne et mère de deux enfants, et qui est aussi le chef de service psycho-couple du magazine en question….

Je ne sais pas vous mais moi j’ai commencé à vomir dès la première phrase « un bébé empêche le père d’avoir sexuellement accès à sa femme ».

Un petit peu de Français de base :

Accès : moyen d’accéder, procédure d’introduction / voie d’approche d’un lieu / poussée passagère d’un état pathologique / procédure de récupération des données

Si je traduis littéralement, ça voudrait donc dire : « le père devrait pouvoir réaliser une procédure d’introduction  dans sa femme »  c’est bien ça ?

Donc, la présence du bébé empêche le père de s’introduire comme il le souhaiterait dans sa femme ou de s’en servir comme il voudrait (un peu comme d’une bière, de la télé, de l’autoroute, du canapé). D’ailleurs, c’est Le Père et Sa Femme. Monsieur est nommé Père, Madame est nommée « sa Femme » comme si elle était sienne en priorité. Pas mère, pas individu capable de s’autoappartenir. Non. Comme quand on s’appelle Madame Francis Cornebidouille alors qu’avant c’était Josiane Treslibre. Sauf qu’on s’est marié. Donc on ne s’appartient plus, même en 1923 2016 dans cet article.

On en parle de l’égalité des sexes là ? Et de la culture du viol ? Des femmes qui se sentent « obligées » depuis des décennies et des hommes qui passent pour des irrespectueux immoraux égoïstes ? Des couples homosexuels qui peuvent aussi avoir des enfants et pratique le cododo ? D’autres paramètres qui peuvent empêcher la reprise de rapports sexuels (douleurs, suite d’épisiotomie et de césarienne, périnée dans les baskets, épuisement, burn out et j’en passe) ? De la libido des femmes qui a le droit d’être exprimée également sans honte ? 

Continuons l’analyse…

« si l’enfant reste dans la chambre des parents, c’est qu’il y a un problème, que le couple est passé du conjugal au parental, que les parents fuient l’intimité du tête à tête amoureux ».

On retombe dans l’esprit hyper culpabilisant. Selon eux il y a un problème. Le couple est devenu un couple parental. Mince alors. Il est donc impossible d’être un couple parental ET un couple conjugal ? Il faut donc rester couple conjugal (quoi ? nous sommes devenus parents ???) et  accepter l’introduction de Monsieur selon son bon vouloir. Si ce n’est pas le cas, c’est que les parents fuient l’intimité du tête à tête (ou autre partie du corps, selon l’accession à Madame). Génial. Sublime. Ou comment en rajouter une couche à une jeune maman épuisée qui a déjà l’impression de tout rater.

Et enfin…

 « bien sûr, il est possible d’imaginer les rapports sexuels dans d’autres lieux que le lit conjugal, mais cela demande de l’organisation, de la liberté et de la disponibilité que n’ont pas les parents d’un tout jeune enfant. »

Evidemment il n’y a pas d’autres options. Les parents ne sont pas créatifs, n’ont pas envie de passer du temps ensemble, et il est clair que comme la libido revient aux hommes et que les femmes subissent tout, elles n’ont pas la capacité de communiquer donc elle fuit la relation en gardant le gnome dans le lit.

Donc si on récapitule, le Père  doit pouvoir s’introduire dans Sa femme quand il le souhaite, le couple doit rester conjugal (et laisser son bébé avec ses problèmes, nanmaisoh chacun sa m****), et les parents étant de gros blaireaux incapables de trouver des solutions ils ne pourront pas gérer eux même leur intimité et devront s’en remettre aux conseils stupides et culpabilisants de cet article… 

Bon, je ne suis pas psychologue clinicienne, et je ne prétends pas tout connaître sur le sujet, loinnnnn de là. Mais je ne comprends pas pourquoi les choses sont tournées de cette façon. Pourquoi ne pas transformer les remarques culpabilisantes en idées positives? Laisser chaque couple se définir ou se redéfinir? Chaque mère avoir la liberté d’être mère à sa manière? Pourquoi ne pas donner des cartes aux familles, proposer des vrais solutions, sans juger ni imposer?  Pourquoi ne pas informer réellement de manière constructive? 

Des titres tels que « retrouver l’envie de passer du temps à deux »? ou « où faire l’amour quand le gnome squatte le lit parental? » ou même « quelles sont les règles à respecter pour assurer la sécurité en cododo? » et se baser sur des VRAIS ETUDES, pas sur les pensées d’une poignée de Psychos/psychias un peu aigris ou frustrés ou occidentalisés ou que sais je!

Dans tous les cas, parents et futurs parents, ayez confiance en vous et écoutez votre petite voix intérieure… ce sera bien plus positif que de vous faire culpabiliser si vous ne rentrez pas dans les clous d’un quelconque magazine…

Et Amis lecteurs, je vous invite à allez aussi dire vos pensées et votre mécontentement au journal… Je crois très fort que c’est en exposant nos points de vues et nos désaccords que nous pourrons être écoutés et respectés dans nos avis!

 Edit : LA phrase gênante a été modifiée. Donc on ne parle plus « d’accès à la femme », mais le reste de l’article reste le même. Un début….

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« La jupe double peine » m’aura doublement énervée…

Elle est pas belle ma jupe?

Elle est pas belle ma jupe?

Ma réaction suite à la lecture d’un article du journal « le Monde »

Pour être tout à fait honnête, je ne lis jamais rien qui se rapporte à la mode. Parce que clairement, la mode, je m’en fiche pas mal. Je suis plutôt du genre à choisir en fonction de l’aspect « je travaille donc ça doit coller aux obligations vestimentaires de la boite » ou « je ne bosse pas et c’est la fête du string sarouel et plus je me sens confort et mieux c’est ».

Qu’on soit bien d’accord, je ne dénigre pas du tout le blogging/blogage mode, bien au contraire ! J’irai même jusqu’à dire que c’est indispensable pour faire évoluer les mentalités.
 Clairement, montrer la mode sur des humaines normales permettra à toutes les humaines normales (soit 99,99% de la population) de se sentir normales et peut être qu’un jour on aura une majorité de femmes bien ou en tout cas mieux dans leur corps !

Soyons honnêtes, les médias nous montre des nanas photoshopées censées représenter un idéal… idéal clairement inatteignable, mais les arguments sont nombreux pour perdurer dans cette voie : l’absence de forme fait ressortir les vêtements positivement  / la femme maigre a l’air dynamique et de prendre soin d’elle / on a besoin de cette image pour que les jeunes femmes continuent le consommer des pillules amincissantes et d’acheter des barres de régimes  / ça crée des emplois …

Bref, je m’égare. Une copinaute bloggeuse mode horrifiée a partagé un article d’une chroniqueuse mode qui écrit pour le Monde.  Je l’ai donc lu. Et depuis je rumine.

« La Jupe Double Peine »

L’article parle de la « jupe double peine », son introduction est la suivante : « Certes très longue, la jupe type Falbala ne camoufle pas exactement les kilos et poils superflus, elle fait juste semblant, tout en transparence… » Ca commence très fort…

Clairement l’article est insultant, humiliant, tournée sur un ton humoristique mais qui ne prend pas. C’est un manque de respect des femmes, pire que de la mysoginie et c’est écrit par un femme, qui appuie encore un peu plus la pression sociétale qui exige d’une femme qu’elle soit belle, mince, épilée et qu’elle ait un goût conforme.

L’article est culpabilisant, les termes employés sont atroces, on parle de  «format phoque / baleineau »en parlant de certaines femmes, de « cache-misère lipidique » pour décrire une jupe longue, de « taille élastiquée qui permet d’enquiller couscous garni et chauffre chantilly », de « rectangle mou et sans complexe» pour décrire la femme de dos, et je passe sur l’analyse des choix de sous-vêtements, de diktat sur l’épilation en passant par l’analyse du pourquoi du comment du surpoids avec des phrases magiques telles que « il va falloir trouver autre chose pour pallier les abus de purée-chocolat chaud de l’hiver », insinuant à plusieurs reprises que la femme ronde se gave sans retenue. 

En lisant l’article, j’étais vraiment choqué, outrée, en colère…  Je me suis demandée si l’auteure de cet article est complexée, grossophobe, cellulitophobe, si elle a un sens de l’humour totalement douteux, un syndrôme autistique non remarqué ou une méchanceté absolue…  Mais finalement peu importe.

C’est écrit, des milliers de femmes liront cette chronique, des milliers de femmes se sentiront mal à l’aise au moment de choisir leur vêtement, que ce soit une jupe longue, un string ou une culotte SM, et pire encore ça peut renforcer l’image déjà désastreuse de tant de femmes qui essayent de se sentir du mieux qu’elles peuvent avec  leur corps.

« Où comment bafouer la liberté d’expression  quand le commentaire dérange »

J’ai voulu écrire directement une réponse à cet article sur la page FB du monde.
J’ai écrit un commentaire qui disait qu’il serait tellement mieux d’apprendre aux femmes à s’aimer et à s’accepter quel que soit leur corps, leur choix, leur poil, leur culotte, plutôt que de les descendre avec des propos mysogines, destructeurs et irrespectueux… Et qu’au lieu d’essayer d’être belles, nous les femmes devrions plutôt essayer d’être libre… car nous SOMMES TOUTES BELLES !!!!

Et quelques secondes seulement après publication, mon message était supprimé…
Censure ! Au lieu d’assumer cette article, peut-être d’en expliquer le but, ou le sens, voir même s’excuser, ce qui serait signe de remise en question. On préfère censurer ceux qui parlent, qui osent dire qu’il n’est pas correct d’écrire des articles irrespectueux et blessants pour les femmes,  qui essayent de s’élever contre ces obligations physiques induites par une société de consommation et des siècles de patriarcat.

Aussi j’écris cet article, parce que ça ne me paraît pas futile, parce que j’ai envie d’aider les femmes à s’aimer, de les aider à se sentir libre… d’être elle-même, de s’aimer comme elles sont, et d’oser l’ouvrir pour se révolter de ces formes de maltraitances !

Pour lire cet article infâme c’est ici http://www.lemonde.fr/m-actu-chroniques/article/2015/06/29/la-jupe-double-peine_4661467_4573473.html

La page FB du journal  Le Monde, pour vous offusquer (et être censurée comme moi éventuellement) c’est ici : https://www.facebook.com/mlemagazinedumonde/photos/a.262382920468212.65782.260968353943002/989162611123569/?type=1&comment_id=989765204396643&offset=0&total_comments=39&notif_t=photo_reply

Un contre article très bien écrit que je trouve excellent, et qui a le mérite en plus de présenter des liens très intéressants à lire c’est  ici : http://www.madmoizelle.com/jupe-double-peine-sexisme-389145

Et je vous invite à partager un maximum, à vous élever contre ce type d’irrespect et d’humour totalement douteux ! Partagez mon article, celui de Mademoizelle, même celui du monde en vous offusquant d’oser lire ce genre d’écrits.

Et n’oubliez pas mes chéris : vous êtes BELLES !!!!! Ronde, maigre, épilée, poilue, grande, petite, en jean, en jupe longue, en string, en culotte ou nues en chaussettes de ski !!!!! 

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